EXPOSITION ANDRÉ BORDERIE @ Galerie Jousse Entreprise

VERNISSAGE JEUDI 6 NOVEMBRE 17 HEURES – 21 HEURES
VENDREDI 7 NOVEMBRE – SAMEDI 6 DÉCEMBRE 2014

18 Rue de Seine – 75006 Paris

Publication André Borderie en préparation – sortie prévue pour le 1er semestre 2015

La galerie Jousse Entreprise a choisi pour la rentrée de présenter sa deuxième exposition consacrée à l’œuvre céramique d’André Borderie (1923-1998). Figure tutélaire de la céramique française des années 50/60, cette nouvelle présentation met l’accent sur des pièces uniques rassemblées pour leur valeur sculpturale.

Encouragé et orienté vers la peinture par l’affichiste Paul Colin, André Borderie s’intéresse à la sculpture et à l’art mural sous toutes ses formes. Dans l’exposition, la céramique est privilégiée pour son aspect sculptural mais aussi utilitaire et domestique : tables, vases, lampes, cendriers évoquent une abstraction des formes typique des années 50 mais aussi la communauté de vie qu’André Borderie partage à ses débuts avec Véra et Pierre Székely, couple d’artistes d’origine hongroise. Cette expérience communautaire, entamée en 1948 à Bures-sur-Yvette puis à Marcoussis, constitue un moment clef de son parcours artistique. Les pièces en céramique sont cosignées Borderie-Székely, elles sont exposées à la galerie M.A.I rue Bonaparte où est également diffusé le mobilier de Charlotte Perriand et de Jean Prouvé. Les œuvres mêlent les origines slaves des Székely et la foi religieuse de Borderie, les thèmes imagiers et folkloriques sont alors encore très en vogue dans la céramique française de l’après-guerre. Rapidement le trio s’en démarque pour adopter une esthétique plus dépouillée: les contours deviennent sinueux, enrobés d’un émail épais et généreux, les décors se stylisent en réseaux de lignes abstraites.   Les pièces présentées à la galerie Jousse Entreprise ont été conçues uniquement par André Borderie dans son atelier à Senlis après la dissolution de la communauté en 1957. Son univers formel nourri par l’observation de la nature gagne en simplification et monumentalité : de larges coupes effilées tendues dans l’espace,  des « Têtes  à lumière » sphériques, des boîtes et des vases boules ou galets sont exécutées en grès, avec une terre chamottée  qui adopte une peau externe rugueuse et minérale avec parfois un réseau de fines craquelures. Cette rigueur intellectuelle se retrouve jusque dans l’émaillage des pièces quasi monochromes, jouant sur de subtiles oppositions de mates et de brillants rompus parfois par des touches de couleurs chaudes : des rouges-orangés, sa couleur préférée ou des émaux bleus-gris qui témoignent de l’apport de la peinture de Miro.   Convaincu que l’art doit améliorer la vie de l’homme dans la cité, André Borderie participe en 1955 aux activités du groupe Espace qui rassemble des artistes et des architectes de renommée internationale. Fédéré par l’architecte, théoricien et plasticien André Bloc, fondateur de la revue L’architecture d’Aujourd’hui (1930) et Art d’Aujourd’hui qui devient en 1955 Aujourd’hui, le groupe Espace a pour vocation de promouvoir la synthèse des arts et des techniques. Dans le cadre du 1% architectural, Borderie suit cette voie en créant des sculptures en acier et en béton, des grands bas-reliefs muraux en terre cuite émaillée ou en mosaïque pour des bâtiments publics. En 1962, sur l’invitation de François Mathey, il conçoit pour l’exposition Antagonismes 2 L’Objet au Musée des arts décoratifs une série d’oeuvres utilitaires  -porte-manteau et luminaire- apparentée à de petites architectures. Sa sculpture monumentale d’environnement est présentée dans l’exposition par une sélection de maquettes et de dessins en modèle réduit.   Son intérêt pour la céramique dure jusque dans les années 70, parallèlement André Borderie entame à la fin des années 50 une œuvre textile au langage lyrique et abstrait proche de sa peinture avec toujours une gamme de couleurs réduite. Encouragé par Denise Majorelle, codirectrice avec Madeleine David de la galerie La Demeure et le peintre Michel Tourlière, il conçoit plusieurs cartons de tapisseries pour les manufactures nationales des Gobelins, de Beauvais et pour les ateliers d’Aubusson. Son travail textile fait l’objet de plusieurs expositions particulières ou collectives aux côtés de Mathieu Matégot. En 1962, il est récompensé du Grand prix national de la tapisserie.

À l’occasion de cette exposition, un catalogue sera édité avec le concours de Serge Lemoine, accompagné de nombreux témoignages d’artistes et architectes. KL