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EMMANUEL BOOS « Je t’aime moi non plus » – Du 13 Janvier au 13 Février 2018

Boss_4409 - copie

Monolithe de Sèvres, sans titre (Le baiser), 2017
Porcelaine de Sèvres, sous couverte et émaux cristallins et métallisés
37 x 32 x 18 cm
Gérard Jonca / Sèvres – Cité de la Céramique

 

Emmanuel Boos aime l’émail céramique et il l’a mis au centre de sa pratique artistique. L’émail est ce revêtement vitreux qui couvre le corps – le tesson – d’une céramique. Si le néophyte compare souvent l’émail avec une sorte de peinture ou de couleur céramique, pour Emmanuel Boos l’émail est bien plus que cela. L’émail est aussi potentiellement un espace poétique voire un espace du désir.

L’émail est d’abord une poudre que l’artiste compose et créé à partir de minéraux pour l’apposer en aveugle, c’est à dire sans pouvoir vraiment présager (en tout cas pas comme un dessin) du résultat nal qui est une matière toujours nouvelle. Ce faisant, Emmanuel Boos explore les matériaux et les phénomènes physiques et chimiques à l’œuvre dans le processus céramique. Cette exploration de la matière est l’objet de son propos artistique mais sa démarche n’est pas celle d’un scienti que. Boos est plutôt un amoureux : c’est l’intimité avec son medium qui lui permet d’établir avec lui une relation de curiosité enjouée. Boos n’est pas le potier jaloux que décrivait Claude Lévi-Strauss (La Potière Jalouse, 1985) : il ne cherche pas à dominer ou à contrôler mais plutôt à entretenir une relation ludique, amoureuse avec le chaos. Ses œuvres permettent, voire provoquent le hasard. Il traque l’inat- tendu, au risque même de l’accident. Parce qu’il accepte de perdre contrôle, l’artiste observe la dimension poétique, sensuelle et même érotique de la matière qui justi e son obsession : coulures, a aissement, changements de couleurs ou de texture mais aussi trous et fentes de l’émail ou/et du tesson.

L’artiste en renonçant à l’arti ce de la virtuosité et de la démonstration s’e ace devant les éclats de la matière céramique et il devient son partenaire faisant ainsi l’expérience de l’altérité amoureuse, de sa beauté et de sa poésie.

Parce qu’il traque systématiquement l’inconnu de cette matière mais aussi partage, révèle et di use ses recettes, sa démarche pourrait paraître encyclopédique : Boos crée souvent des palettes et des bibliothèques d’émaux. Mais son savoir est d’un autre ordre : il est plus proche de celui de Don Juan que de celui de D’Alembert. Sa pratique n’est pas une science ni même tout à fait un artisanat. Elle est de l’ordre de l’intimité. Elle est émotion, sensualité, poésie et érotisme.

Depuis quelques années, il privilégie les formes closes, faussement pleines : pavés, cubes, boîtes ou livres, elles sont mystérieuses et abstraites. Comme des blocs de pur émail, dont l’aspect serait le re et de la densité. Cet intérêt pour la surface céramique l’a amené à soulever la question de la profondeur de l’émail et à interroger sa proximité et surtout sa spéci cité vis-à-vis de la pein- ture. Aussi, ses céramiques conservent-elles une ambigüité revendiquée : elles sont à la fois surface et volume. Même murales, elles demeurent sculpturales. Ses œuvres appellent une forme de contemplation esthétique, sensible, sensuelle et émotionnelle de la matière céramique.

Emmanuel Boos est un apôtre de la céramique du désir.

Les Monolithes de Sèvres (2017)

Dans le sillage de ces formes pleines, à la fois surface et volume qui caractérisent ses productions les plus récentes, Emmanuel Boos a réalisé à Sèvres plusieurs séries de monolithes en porcelaine. Initialement moulées, d’un modèle parfaitement rectangu- laire, l’artiste confronte ce symbole moderniste, minimaliste et rationaliste à la réalité de la matière et du processus céramiques riches en surprises et déformations parfois provoquées mais le plus souvent accidentelles.

C’est le cas par exemple de la pièce « Le baiser » : deux monolithes cuits côte à côte sont venus « s’embrasser » accidentellement dans le four pour rester soudés à jamais par un « baiser d’émail ».

DESIGN MIAMI 4 – 8 décembre 2013
PIERRE PAULIN

« Je ne crée pas. Je dessine, je conçois »

Pierre Paulin, une inscription, un nom en resonnance. Un siège comme un paysage, un canapé libre et aéré tel une gestuelle. Un luminaire qui sculpte l’espace. Une sculpture qui inverse les volumes de l’environnement. Une ergonomie innovante et intemporelle. Lire la suite